logo Ethique handicap et société

Notre association a pour objet d’organiser la réflexion sur la question du rapport entre l’éthique, le handicap et la société, en offrant au public de Nantes et de son espace métropolitain, voire régional et/ou national, intéressé par ce sujet, la possibilité de bénéficier des réflexions et des débats qui animent les professionnels de la santé, des sciences humaines et l’ensemble des citoyens.

 

Elle développe en outre une série de rencontres visant à favoriser la diffusion de la réflexion au plus grand nombre ainsi qu’un programme d’actions culturelles et sportives.

 

Notre objectif est de favoriser le bien vivre ensemble qui s’enrichit de la singularité de chacun et de faire à terme du handicap un « non-sujet ».

 

Le handicap est la limitation des possibilités d’interaction d’un individu avec son environnement, menant à un stress et à des difficultés morales, intellectuelles, sociales ou physiques. Le handicap est d'abord pensé comme relatif à une déficience provoquant une incapacité — permanente ou non — puis il est redéfini relativement à une inégalité de moyen, en intégrant l'idée que « des interventions destinées à lever les obstacles environnementaux et sociaux sont nécessaires ».

 

Dans la société, le handicap a connu différentes étapes, de l’exclusion à l’intégration, en passant par l’assistance et la charité. La personne en situation de handicap doit bénéficier d’une vie indépendante dans une société accessible (B Perrouin-Verbe).

 

Notre réflexion s’appuie sur les principes de l’éthique biomédicale qui s’appliquent à toute personne, souffrant ou non d’un handicap : respect de l’autonomie (une personne autonome est libre et capable de faire des choix seule sans influence de quiconque), bienfaisance  (l’action doit tendre vers la réalisation du bien  en tenant compte de la conception du bien d’autrui),  la non-malfaisance (ne pas infliger un préjudice intentionnellement à une personne) et justice (chances égales pour tous, refus de la discrimination).

Nous y ajouterons le respect de la dignité, celle de l’Autre et la sienne, au cœur de notre réflexion éthique, la reconnaissance de la vulnérabilité et le principe de bientraitance.

 

Les philosophes nourrissent notre réflexion quand ils nous disent que le principe de la discussion est au cœur de la démarche en éthique (Habermas), que le « je » ne peut se dire que sous le regard d’un « tu », la responsabilité étant donc dans la réciprocité de la relation (M Buber), que la responsabilité se noue face à l’altérité de l’autre (E Lévinas, P Ricoeur) et que la responsabilité de chacun est totale pour l’Autre dès lors que l’ « Autre » tombe sous son regard (E lévinas).

L’éthique peut alors se définir comme un effort de conversation entre deux individus exposant leurs propres valeurs afin que chacun se sente respecté dans sa dimension humaine lors de cette relation intersubjective, l’intersubjectivité étant cette responsabilité partagée dans le développement réciproque des uns et des autres.

L’autre est au cœur de la vie de chacun (M Buber, P Ricoeur, E Lévinas).

 

L’acte éthique est spécifique puisque chaque situation est unique dans sa temporalité et sa nature. Nous devons toujours rechercher le maximum de respect de l’autre afin qu’il puisse accroitre son sentiment d’appartenance à l’humanité.

 

Etre éthique, c’est accepter et vivre le conflit du bien à faire et du devoir à accomplir (P Ricoeur). Le fondement de ce bien vivre ensemble se base sur la définition de l’humanisme de A de Broca : vivre cette double tension entre la capacité de dire « je », donc de se dire autonome, et l’acceptation de l’interdépendance intersubjective sans laquelle l’homme ne peut pas se dire.

 

La fragilité nous concerne tous à des degrés divers et nous conduit à nous accepter dans nos différences.

La démarche citoyenne qui nous anime est bien d’intégrer dans nos actes des considérations éthiques et des solidarités sociales plus affirmées (Alain Rey).

 

La société est plurielle et s’enrichit, dans la diversité des individus qui la constituent, de leur singularité.